Kerouze est le joli nom d'un hameau morbihannais

situé à Roudouallec.

Ce nom sonne l'enfance à l'oreille de Claude Besson,

auteur d'une chanson éponyme écrite vers 1965.

 

C'est là que le jeune Claude, dont les parents travaillaient alors à Paris, revenait à chaque pause scolaire : « Kerouze était alors un merveilleux petit village caché par des talus couverts de chênes, de noisetiers, de tous ces arbres qui font notre Bretagne si belle...». Ecologiste avant l'heure, la chanson dénonce le grand chantier de remembrement lancé en France dans les années cinquante : « Un été de 1963, je suis venu comme chaque année retrouver mes racines essentielles à Kerouze. Une armée de bulldozers massacrait mes talus, mes arbres, mes ruisseaux... Quelques années plus tard, grattant ma guitare, je compose Kerouze, j'y évoque mes états d'âme». Conscient qu'il faut bien aménager dame nature, Claude Besson n'est pourtant pas contre l'idée même de remembrement. Mais le productivisme des années cinquante et ses avatars - remembrement, révolution du crédit, mécanisation de la production, intensification - modifient sensiblement le paysage rural en le dégradant parfois. Claude Besson n'est pourtant pas non plus un chanteur engagé dans tous les combats. C'est avant tout un musicien, ancien luthier, qui balade ses ballades depuis 30 ans en terre bretonne. «Je suis avant tout un troubadour, un baladin, qui explore les genres musicaux». Ses textes disent l'amour et l'hiver, parlent d'amitié, de nostalgie et de terre. Et pas seulement de terre bretonne : «De Kerouze aujourd'hui, on voit loin, très loin, j'y vois même, par le coeur, l'île de Sein que j'affectionne tout particulièrement et aussi l'Amérique où se sont installés quelques membres de ma famille gourinoise...». On peut être chanteur breton, en français, et aussi aimer la musique des langues étrangères...

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