Pesticides dans les eaux, faisons le point

 

Les pesticides, développés initialement pour la protection des cultures agricoles, sont des substances « destinées à lutter contre les organismes jugés nuisibles ». Ils présentent, in fine, par leur migration dans l’air, le sol, les eaux, les sédiments…, des risques pour l’homme et les écosystèmes, avec un impact immédiat ou à long terme.

 

Qu’en est-il sur le bassin versant Ellé-Isole-Laïta (EIL) ?

 

Illustration, carte du BV avec les stations de suivi du SMEIL (cf. ci-dessus)

 

Compte tenu des risques que représentent les pesticides, leur présence dans les cours d’eau et dans les eaux souterraines fait l’objet de suivis réguliers qui n’ont cessé de se renforcer depuis plusieurs années. Le SMEIL*1, chargé de la mise en œuvre du SAGE*2, a mis en place depuis 2011 son propre réseau de suivi complémentaire sur l’Ellé, l’Isole, la Laïta et leurs principaux affluents.

 

Dans les eaux souterraines, peu de pesticides sont rencontrés et à des concentrations relativement faibles. Ce sont principalement le diuron, l’atrazine et son métabolite*3 qui sont détectés, l’atrazine étant interdite depuis 2003. Même s’il n’est plus employé, un pesticide peut ainsi perdurer très longtemps dans les eaux souterraines.

 

Dans les cours d’eau, une quarantaine de pesticides sont recherchés depuis 2011 par le SMEIL. Le glyphosate, son métabolite et les produits de dégradation de l’atrazine sont les substances les plus souvent détectées. Les rivières les plus impactées sur le territoire sont le Frout, le Dourdu (affluents de la Laïta) et l’amont de l’Isole. Les concentrations restent assez faibles au vu des résultats sur d’autres bassins versants bretons. Les détections sont peu fréquentes par rapport à la totalité des analyses (5%). Cependant, la prépondérance du glyphosate dans les cours d’eau est préoccupante et peut atteindre des concentrations fortes.

 

 

Chiffres-clés sur la territoire EIL

Dans les eaux souterraines, 8 prélèvements d’eau sur 100 contiennent des pesticides.

Dans les rivières :

  • 8 pesticides plus fréquemment détectés sur la quarantaine recherchée

  • Détection du glyphosate une fois sur 3

  • Peu de dépassement du « seuil repère » fixé à 0,1 µg/l, sauf pour le glyphosate (16% des résultats)

 

 

 

Les principaux pesticides rencontrés

Dans les rivières

Le glyphosate (qui compose en particulier le Roundup®) est un herbicide polyvalent utilisé par les particuliers, les agriculteurs et les collectivités. Il a récemment été classé cancérigène « probable »*4 par l’Organisation Mondiale de la Santé. C’est pourtant l’un des produits les plus vendus aujourd’hui au niveau mondial.

 

Dans les eaux souterraines

Le diuron a été employé jusqu’en 2008 pour désherber les jardins, les bords de route, les voies ferrées et reste autorisé aujourd’hui comme biocide (anti-algues, anti-mousses…).

 

L’atrazine était le principal désherbant du maïs jusqu’en 2003.

 

Des alternatives aux pesticides existent

 

La loi sur la transition énergétique du 17 août 2015 va prochainement modifier les habitudes de chacun. Elle prévoit en effet l’interdiction de l’usage des pesticides pour l’entretien des espaces verts à partir de 2017 pour les collectivités, l’Etat et les établissements publics et à compter de 2019 pour les particuliers. Des dérogations existent cependant.

 

Jardiner sans pesticides, c’est possible, voilà quelques astuces :

  • Couvrir le sol par des paillages et des plantes couvre-sol

  • Choisir un gazon résistant, facile d’entretien et privilégier la tonte haute et régulière

  • Favoriser les auxiliaires de culture (prédateurs de pucerons, pollinisateurs…) en laissant une petite zone du jardin en friche et en choisissant des plantes locales

  • Balayer régulièrement les terrasses et allées et semer aux pieds des murs

  • Privilégier l’entretien mécanique (binette, fauche, broyage), en alternative au traitement

 

Au-delà de cette approche pratique, il convient aussi de s’interroger sur certaines herbes considérées communément comme mauvaises et indésirables. Il est important de changer la perception de chacun à leur égard dans l’agencement de nos jardins et espaces publics.

 

« Zéro PHYTO », objectif 2017 pour les collectivités et 2019 pour les particuliers

 

Et en agriculture ?

Le plan Ecophyto II, issu du Grenelle de l’environnement, prévoit la réduction de l'usage des pesticides de 50 % à échéance 2025. Des initiatives existent et se développent en ce sens dans les exploitations avec l’emploi de techniques alternatives, comme le désherbage mécanique, ou la diminution des doses appliquées.

Pour en savoir plus : http://agriculture.gouv.fr/ecophyto-kesako-0

 

La réglementation en matière de traitement aux abords des cours d’eau

 

 

 

Elle est applicable quel que soit le produit. Les distances peuvent être étendues selon la dangerosité du produit (se référer aux préconisations mentionnées sur l'étiquette).

 

Pour en savoir plus : www.smeil.fr

 

*1 SMEIL : Syndicat Mixte Ellé-Isole-Laïta

*2 SAGE : Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux

*3 Métabolite : composé issu de la dégradation d’un pesticide dans le milieu naturel

 

*4 Cancérigène « probable » : preuve limitée de sa cancérogénicité pour l'homme et preuve suffisante de cancérogénicité chez les animaux de laboratoire